Il devrait être mis en examen mercredi pour tentatives d'assassinats.
Un des trois collégiens blessés, grièvement atteint au thorax et longuement opéré lundi, a été placé "dans un coma artificiel" et "ses jours ne sont plus en danger", a annoncé le ministre de l'Education, Xavier Darcos. Les deux autres victimes étaient toujours hospitalisées mardi et leur état de santé, qui n'a jamais suscité d'inquiétude, s'améliorait lentement, selon le rectorat de Lyon.
Très "inspiré des tueries aux Etats-Unis" sur lesquelles il s'était documenté, l'agresseur présumé, âgé de 15 ans, fomentait des projets macabres depuis fin 2007, a révélé Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon. Il s'en était d'ailleurs ouvert à des amis qui avaient tenté de le dissuader. Peu de temps avant son acte lundi, il avait également envoyé un SMS à un camarade pour le prévenir.
A l'origine de ce geste, un règlement de comptes et un profond mal-être. L'adolescent nourrissait un fort ressentiment à l'encontre de plusieurs camarades de classe et "était déterminé à régler ses comptes" avec eux, a indiqué M. Richaud, même si l'existence d'une liste des élèves à "éliminer" n'a pas été retrouvée sur son ordinateur, saisi par la police. "Il se sentait victime de railleries, de moqueries à la fois sur son nom patronymique et son physique", a ajouté le procureur.
Fan de hard rock, guitariste dans un groupe, amateur de "jeux video où on tuait", l'adolescent, corpulent et au look gothique, se sentait "différent" et aurait "très mal vécu d'être rejeté" par d'autres élèves, a-t-il expliqué. Deux des collégiens blessés ont reconnu que leur agresseur présumé servait de "souffre-douleur", en précisant qu'il avait été victime du jeu de "la boulette" qui consiste à taper à plusieurs sur un camarade.
Le jeune garçon, qui n'a aucun antécédent psychiatrique ou judiciaire, aurait "dès lors prémédité une tuerie depuis plusieurs mois", en ciblant 7 ou 8 élèves, selon le magistrat.
Lors de son audition mardi par la police pendant laquelle il n'a exprimé aucun regret, il a avoué que se trouvaient dans la deuxième salle de cours - celle où il a blessé grièvement un garçon au thorax - "deux autres personnes qu'il aurait bien aimées tuer", mais que celles-ci étaient trop éloignées.
Après avoir blessé au couteau de cuisine trois de ses camarades âgés de 14, 15 et 16 ans, l'agresseur présumé a pris la fuite, "s'est frappé d'un coup de couteau dans le cou et s'est coupé les tendons du bras gauche", a confirmé M. Richaud, ce qui a nécessité son hospitalisation. "Il dit qu'il avait envie de se suicider mais je pense que c'est un appel au secours", a estimé le procureur.
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